Breathless but not courtless.
Help the Indian victims of the abestos industry in their court case against Etex/Eternit
in Belgium.

Institutrice à la retraite (66 ans, Kymore)

Nirmala Gurung  

“Je ne peux plus marcher pendant longtemps. Ma respiration se coupe. Alors je dois m’asseoir, me reposer. Durant des années, j’ai donné cours à des enfants, notamment des enfants de l’usine, dans une école qui était encerclée par la décharge d’amiante. Les parents venaient rechercher leurs enfants directement depuis l’usine. Mon salaire était de 12 000 roupies par mois (moins de 140€) pour 24 jours de travail. Aujourd’hui, j’ai été diagnostiquée avec une asbestose qui m’invalide à 20 %. J’ai osé lever la voix pour ma communauté et parler de Kymore à Genève. Cela m’a valu beaucoup de problèmes. Mais je vais continuer à faire du travail social ici, au niveau du village. J’ai vu beaucoup de victimes mourir lentement, dans la douleur. J’espère que la génération future pourra être sauvée.”

Ancien ouvrier machiniste (Calcutta)

Rama Shandra Sahanai  

“J’ai démarré en 1983 comme travailleur flexible, jusqu’à 2018. Mon père travaillait déjà dans l’usine et n’était pas conscient du danger. Les enfants des ouvriers avaient une priorité pour rentrer dans l’usine. Petit à petit, je me suis rendu compte qu’il y avait parfois des signes de danger, sur les sacs, dans certaines zones. Mais ce n’était pas une option de changer d’emploi. Le management n’était pas intéressé par la sécurité. Nous avions des inspections médicales, mais on ne nous donnait pas les résultats. Les travailleurs qui trimaient dans les zones la plus poussiéreuse ou là où on mélangeait de l’amiante avec du ciment pouvaient avoir un masque. Mais avec la chaleur, le masque était difficile à supporter.”

Épouse d'un ouvrier décédé (71 ans, Calcutta)

Jyotsna Rani Mitra 

Je n’étais pas au courant des dangers de l’amiante. Mon mari a travaillé pour la société de 1961 à 1998. Il travaillait dans le pipeline, qui acheminait les matériaux en cours de transformation. Il était en contact avec les particules de ciments. Il rentrait à la maison avec ses vêtements couverts de ces particules. Je devais nettoyer la maison deux fois par jour, alors j’étais exposée moi aussi. Encore plus en lavant les vêtements. C’est comme ça que j’ai contracté la maladie. Mon fils a aussi travaillé à l’usine. À part un casque et des chaussures de sécurité, il n’y avait pas de mesures de protection.

Ouvrier à la retraite, 60 ans (Calcutta)

Shankar Das  

J’ai travaillé à l’usine durant trente-six ans, comme ouvrier non qualifié. Je m’occupais notamment d’empiler les plaques d’amiante-ciment. L’amiante était manipulée à l’air libre, sans protection. Cela n’a été modernisé que récemment, en 2004, après le départ des Belges. Je n’ai jamais réalisé que c’était dangereux de manipuler de l’amiante. Je n’ai pu m’en rendre compte que lorsque le camp médical a été organisé par l’avocat Mukherjee et le syndicat local. J’ai été diagnostiqué positif, j’ai l’asbestose.

54 ans, a travaillé jusqu’en 2004 à l’usine Eternit Everest de Calcutta

Sirajul Islam  

“Je me rappelle d’avoir vu des étrangers, des Belges, venir à l’usine, en 1998. Ils ne nous ont pas dit que manipuler des fibres d’amiante était dangereux. Nous n’avions pas de check-up médicaux, et très peu de mesures de sécurité. Je ne portais pas de masques, ça collait, il faisait trop chaud. Petit à petit j’ai découvert que tout cela était dangereux. J’ai continué à aller à l’usine, même si je savais que c’était dangereux. J’ai arrêté de travailler en 2004 et pris ma retraite de façon volontaire parce que ma fille avait besoin d’argent pour ses études. Ici, on ne peut pas faire un emprunt quand on est un simple ouvrier. Travailler sans s’occuper des conditions de travail, c’est notre seule option.”

Ouvrier à la retraite (Kymore)

Ram Manohar Rad  

Je ne suis devenu permanent dans cette usine qu’en 1984. J’étais coupeur de plaques d’amiante-ciment. Mais en fait je travaille depuis 1977. Mais je n’ai aucune preuve, aucun papier, pour  ces années-là, donc je ne pourrai pas être compensé par Turner&Newall pour ces 8 ans d’exposition. J’ai quitté l’usine en 2003, peu après le départ d’Eternit. J’ai été exposé durant 26 ans en tout. Il fallait de 30 à 35 mouvements pour scier une planche. Nous sciions tellement qu’avec la sueur, le masque devenait très humide, c’était très inconfortable. Même marcher rend un masque humide, avec la chaleur de la région. Il n’y avait pas moyen de se protéger correctement contre cette poussière.

Victime environnementale à Kymore

Épouse de travailleur anonyme  

J’ai traversé toute l’Inde, depuis l’ouest, pour venir me faire diagnostiquer dans un camp médical à Kymore. Je suis une victime environnementale, j’ai été exposée ici à Kymore pendant que mon mari et son frère travaillaient ici. Comme les autres femmes, c’est à travers le nettoyage des vêtements que j’ai été en contact avec ces fibres. Mon beau-frère a commencé à être malade de l’estomac à cause de l’amiante. Mon mari, lui, n’avait pas conscience des dangers et il n’a jamais reçu de consignes de sécurité des différents propriétaires de l’usine.

From 1989 to 2002, the Belgian company ETEX/Eternit owned 5 factories in India in Kymore (Madya Pradesh), Mulund (Bombay, until 1995), Nashik (Maharashtra, starting from 1995), Kolkata (West Bengal) and Coimbatore (Tamil Nadu). Since 2010, more than 1200 workers and ex-workers from these factories have been diagnosed with asbestos-related illnesses, but many other victims have not been diagnosed yet.

In 2016, a Canadian team of environmental scientists confirmed very high level of chrisotile asbestos on a large wasteland currently inhabited by more than 4000 people around Kymore asbestos factory. The Indian subsidiary of ETEX/Eternit, Eternit Everest Limited, dumped asbestos waste there until 1996.

This waste poses a great risk for the people living in Kymore and the whole community, including the young children who play on this waste dump.

ETEX/Eternit and its old subsidiary, while being aware of the dangers, refused to take part to any discussion regarding their responsibility or the cleaning of the polluted lands.

This crowdfunding campaign aims at filing a legal action against ETEX/Eternit and its old subsidiary, in order to obtain compensation and corrective measures.

As you can sse in the documentary Breathless, asbestos companies such as ETEX/Eternit made profits while putting their workforce but also the neighbours of the companies at risk. After that, they were able to go bankrupt or sell their companies to foreign entities. Therefore, they could escape their responsibilities.

Today, the owners of the factor try to prevent their workers to go to the medical camps where they can get a proper diagnosis for asbestosis.

The victims of these bad practices don’t have any other choices than to unite together through a wordlwide solidarity network.

 

 

Following the deaths of his father and many others from his village, filmmaker Daniel Lambo sets off on a passionate quest to find the truth about the deadly asbestos industry. His search takes him to the largest asbestos waste dump in India and unveils a cold-blooded industry still endangering the lives of workers and consumers around the world.

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